Force aérienne de la Gendarmerie Nationale

 

Entre 1972 et 1994, le parc aérien des FAGN comprenait également des avions légers Nord 3400 Norbarbe puis Cessna U206F mais depuis cette dernière année il est exclusivement composé d'hélicoptères.

En 2016, les Forces aériennes de la Gendarmerie comprennent 55 hélicoptères : 14 « EC145 »2, 15 « EC135 » et 26 « Écureuil ». Pour certaines missions du Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) et du RAID de la Police nationale, l'action des FAG est complétée par une unité interarmes du Commandement des opérations spéciales: le Groupe interarmées d'hélicoptères ou GIH.

Historique

BELL 47 civil

L'Armée de terre commence à former des gendarmes au sein du groupement des formations hélicoptères de l'Armée de terre en Indochine, alors que ce groupement est stationné à Saïgon en 1954. Les volontaires sont issus de la gendarmerie départementale, de la légion de la Garde républicaine de Paris et de la gendarmerie mobile. Le premier Bell 47G arrive à Satory et est stationné auprès du 1er groupe blindé. Un second est commandé, l'année suivante, par l'Armée de terre à la société Agusta. La section d’hélicoptères de la Gendarmerie et l’atelier central « hélicoptères » de la Gendarmerie sont respectivement créés en 1956 et 1957 et rattachés au 1er groupe blindé de gendarmerie mobile. La création des sections aériennes de Bapaume, Bron, Toulouse, Verdun et Berre permet de couvrir l'ensemble du territoire français comme le plan de la Gendarmerie le prévoit. La première évacuation sanitaire a ainsi lieu en juillet 1956 à Reims.

Le soulèvement algérien oblige la Gendarmerie à participer au conflit. Le parc aérien atteint ainsi douze appareils en 1957. Disposant d'un personnel détaché de l'aviation légère de l'Armée de terre, elle doit mettre en place une section « gendarmerie » au côté du 2e groupe d'hélicoptères de Sétif. Huit des douze appareils de la Gendarmerie sont affectés au maintien de l’ordre et à l’évacuation sanitaire sur le territoire algérien. Les équipages et aéronefs ne font leurs retours au sein des bases de la métropole et des DOM-TOM qu'en 1963.

Alouette III - Musée du Bourget
« Écureuil » de la Gendarmerie - Massif du Sancy.
« EC135 » de la Gendarmerie à Nancy

La toute nouvelle Alouette II, de Sud-Aviation, prend ses fonctions au sein de la Gendarmerie dès 1957, à Bron. Elle est de nombreuses fois utilisée au cours de sauvetages en montagne. « L’atelier central hélicoptères » (ACH) crée ainsi des patins pour l'usage en montagne, sinon des flotteurs pour une utilisation sur des plans d’eau ; un treuil est également mis au point. En 1959, de nouvelles « Alouette » sont commandées pour rejoindre le continent nord-africain. Deux ans plus tard, plusieurs nouvelles bases des DOM-TOM voient arriver les hélicoptères des gendarmes. En effet, en raison des intempéries dont elles sont souvent victimes, la Martinique, la Guyane, la Guadeloupe, l’île de la Réunion et la Nouvelle-Calédonie tirent grand bénéfice de l'usage de l’hélicoptère.

La première Alouette III est livrée dès 1963 et est affectée à l'escorte du président de la République. Ce type d’appareil est doté d'une civière. Il est ensuite très utilisé pour le secours en montagne. Ultérieurement, il participe également aux missions d'intervention du GIGN.

La Gendarmerie ne se limite pas à l'usage d’hélicoptères, mais fait aussi l'acquisition d’avions comme le Nord 3400 Norbarbe dès 1972. Ces appareils peu puissants, destinés à l’observation routière, sont très vite remplacés par des Cessna U206F à partir de 1974. La Gendarmerie cesse ensuite d’utiliser les avions à compter de 1994.

En 1974, l'ACH est rebaptisé « groupe technique central des hélicoptères et avions légers de la Gendarmerie nationale » puis « groupe de soutien technique des moyens aériens de la Gendarmerie nationale ».

Le « groupement central des formations aériennes de la Gendarmerie » est créé à Satory en 1976 et se déplace à Guyancourt ; puis il rejoint la base aérienne 107 Villacoublay.

En 1982, l'AS350B Écureuil est choisi pour remplacer les « Alouette » vieillissantes, notamment en raison de son entretien facile et économique. Un total de 30 appareils est commandé par la Gendarmerie : l'Alouette II est définitivement abandonnée en 1991.

En 1997, une étude de remplacement des « Alouette III » par un appareil de nouvelle génération bimoteur est lancée. Le choix se précise pour le BK117C1. Finalement, c'est le « BK117C2 » d’Eurcopter, alias « EC145 », qui est commandé et dont la livraison débute à partir de décembre 2002 sur le site de Villacoublay. Il est équipé d'un tableau de bord presque entièremeent numérique et permet l'utilisation de jumelles de vision nocturne. À partie de 2009, un autre type d’appareil, le « EC135 », également produit par Eurocopter, commence à être livré : il est équipé d'une caméra, d’un phare de recherche, d’un treuil et convient mieux aux missions de police.

Il était prévu de remplacer la flotte d'Écureuil en service depuis 1978 par des « EC135 » mais le manque de crédits a empêché ce renouvellement, conduisant la Gendarmerie à annuler en 2014 une commande de 22 appareils. Une opération de rénovation débute alors sur les « Écureuil » pour leur permettre de voler jusqu'en 2025. Toutefois, la nouvelle réglementation européenne interdit à ces appareils monoturbines de survoler les zones urbaines, les cantonnant à des missions en dehors de ces zones.

Depuis 1954, 29 militaires de la Gendarmerie ont trouvé la mort en service aérien commandé - dont 1 pendant la Guerre d'Indochine et 4 pendant la Guerre d'Algérie.

Missions

La Gendarmerie définit deux types de missions, auxquelles elle assigne les appareils suivants5 :

  • sauvetage-intervention (EC145) ;
  • surveillance-intervention (EC135 et AS350 Écureuil).

Organisation

Les forces aériennes de la Gendarmerie comptent sept groupements territoriaux (GFAG) correspondant aux « régions zonales6 » de gendarmerie. Ils sont placés sous l’autorité des généraux commandants de région. Elles possèdent 19 sections aériennes (SAG), dont six sont stationnées outre-mer, et 11 détachements aériens (DAG).